Accueil Date de création : 13/05/08 Dernière mise à jour : 18/07/09 17:13 / 42 articles publiés
 
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Story

(26) Léonore.  (Story) posté le mercredi 28 janvier 2009 16:08

Léonore

 

 

Les jours suivants furent vraiment agréables. Le temps était presque tout le temps radieux et le soleil ne se cachait que rarement. Passer mon temps libre dehors devint une nécessité. C’est pourquoi, après les cours, je me retrouvai au parc pour profiter de la douce température. Je m’allongeai sur la pelouse verdoyante et fermai les yeux. Sentir une douce brise sur mon visage me fit pousser un soupir de bien être. Il faut dire que depuis quelques jours j’étais vraiment de bonne humeur. Comment ne pas l’être après la soirée que j’avais passée ?

Je passai un bon moment allongée ainsi, les yeux clos. Puis je sentis une ombre se tenir au dessus de moi. J’ouvris lentement les yeux, le sourire aux lèvres. Avant même d’avoir vu son visage, je savais que c’était lui. Son doux parfum m’avait mis sur la piste.

Il me fixait, un sourire mélancolique se formant sur ses lèvres. Il me caressa doucement la joue, puis il s’écroula à mes côtés. Ou devrais-je dire, il se blottit contre moi. Il enfouit son visage dans mon cou sans dire un mot. Flattée de son contact si soudain et si facile, je fus cependant surprise de son attitude. Il avait l’air d’avoir besoin de réconfort et je me demandai bien pourquoi.

-         Hugo ? murmurais-je.

-         Laisse-moi cinq minutes, dit-il sur le même ton.

J’accédai à sa requête et ne dit aucun mot durant les quelques minutes qui suivirent. Seul son souffle contre ma peau et ma main tripotant ses cheveux pouvaient indiquer que nous étions toujours en vie.

Enfin, il se releva doucement, semblant préoccupé.

-         C’est bon, m’annonça-t-il.

J’acquiesçai et posai enfin la question qui me brulait les lèvres.

-         Quelque chose ne va pas ? demandai-je, inquiète.

-         Mes parents divorcent, lança-t-il.

Je me relevai rapidement à ses côtés.

-         Oh, je suis désolée… chuchotai-je, triste de le voir dans cet état.

-         Je ne sais pas encore chez qui je vais habiter ou si je vais déménager.

Je ne répondis rien, essayant de ne pas me focaliser sur le mot « déménager ».

Il se tourna vers moi et me regarda intensément.

-         Si je pars, on ne se verra plus aussi souvent, marmonna-t-il sur un ton accablé.

Je compris alors pourquoi il était aussi triste. Il y avait, bien sûr, le fait que ses parents se séparent mais aussi le fait qu’il se peut qu’on ne se voit plus. Mon cœur fit un bond dans ma poitrine. Etait-il attaché à moi autant que je l’étais à lui ?

-         Et je te manquerais beaucoup ? demandais-je, sentant les larmes dans ma gorge.

-         Bien sûr, crétine ! Et même plus que ça.

J’éclatai de rire, faisant monter une vague de larmes en même temps.

-         Tu es bête de pleurer, murmura-t-il en écrasant mes larmes avec son index.

-         Pardon, marmonnai-je. Mais je ne sais plus quoi ressentir…

Fallait-il que je sois heureuse de ses paroles ou juste triste de son probable départ ? Tout ce dont j’étais sûre, c’est que j’étais vraiment amoureuse de lui.

Il me tendit un mouchoir en soupirant.

-         Heureusement que je suis là ! s’exclama-t-il.

-         Tu ne sais pas à quel point tu as raison, dis-je en essuyant mon visage.

Il me sourit tendrement et avant que je ne reprenne mes esprits face à la vague de plaisir qui m’avait submergé, il m’embrassa doucement. Il prit mon visage entre ses mains et m’embrassa, encore et encore.

Après d’intenses émotions, je revenais à ma position initiale et Hugo s’allongea aussi dans l’herbe. Je le regardais de profil, attendrie, et ne cessait de sourire en pensant que c’était avec moi qu’il était et personne d’autre. Il dut sentir que je l’observais car il tourna la tête vers moi avec un éclat malicieux dans les yeux. Je rougis et trouva vite quelque chose à dire pour ne pas montrer à quel point j’étais gênée qu’il se soit aperçu que je bavais de bonheur.

-         Euh, ton frère et ta sœur vont bien ? demandai-je en essayant de paraître crédible et intéressée par sa possible réponse.

Il éclata de rire. Ce qui me fit penser que je devais avoir l’air d’une vraie idiote.

-         On s’en fout, répondit-il.

Il se rapprocha dangereusement de moi et frotta son visage dans mes cheveux. Je tressaillie soudain, essayant de me souvenir si je les avais bien lavé le matin même. Ce devait être le cas car il me dit que je sentais très bon. Soulagée, je me détendis. Et osai poser une question qui me tournait dans la tête depuis un moment.

-         Hugo ?

-         Mmh ? dit le principal intéressé.

-         J’ai une question à te poser.

Silence. Je me lançai.

-         Pourquoi tu m’as embrassé dans le couloir, le soir de la fête, alors que quelques minutes avant tu m’avais dit que tu ne savais plus où tu en étais ?

-         Parce que tes yeux m’envoyaient un tas de signaux dont celui « saute-moi dessus » ! Et j’ai cédé, lança-t-il en riant.

Je poussai un soupir en levant les yeux au ciel, ce qui eu le mérite de le faire encore plus rire.

-         Réponds-moi sérieusement, idiot !

Il se calma et réfléchit quelques instants avant de dire :

-         J’en avais envie depuis un certain temps mais je dois dire que tu n’avais pas l’air prête à recevoir ce geste. Sauf que ce soir-là, tu avais l’air assez déterminée.

-         Tu rigoles ? J’étais prête depuis bien plus longtemps que toi ! m’écriai-je.

-         Alors pardon de ne pas m’en être rendu compte.

Tout en disant cela, il se remit debout.

-         Tu pars ? demandai-je, anxieuse.

-         Non, je te raccompagne chez toi.

-         Ah.

Je me levai aussi.

-         Tu connais bien le chemin à force de fricoter avec ma sœur puis avec moi, hein ?

-         Oh, ça oui ! dit-il avec un air coquin.

Je le bousculai doucement, pour la forme, et il éclata de rire. Puis il m’entraîna avec lui vers la sortie du parc.

Voilà les enfants ! C'était la suite ! Ca vous a plu ? Plus fort, j'entends pas ! {#}

Merci à toutes ! Vos commentaires me font toujours autant plaisir. Je ne m'en lasse pas. {#}

A bientôt ! 

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(?) Hugo.  (Story) posté le jeudi 26 mars 2009 14:07

Hugo

 

 

Cela faisait tout juste un mois que Léonore et moi étions ensemble. Je dois avouer qu’au début c’était assez étrange de la voir autrement qu’en fofolle me traitant d’idiot et de crétin. Bien sûr, elle le faisait toujours (on ne change pas les vieilles habitudes) mais en plus de ça, j’avais le droit à une Léonore très douce et adorable. Qui l’eut cru ? Elle me sautait dessus à chaque rendez-vous comme si on ne s’était pas vu depuis des semaines. Elle tripotait mes cheveux, elle éclatait de rire en me regardant avec un éclat tendre dans les yeux, elle déposait un tas de baisers dans mon cou. Elle ne me lâchait pas. Mais je ne m’en plaignais pas. A vrai dire, j’adorais ça. J’étais amoureux d’elle.

 

Mes parents avaient peu à peu oublié l’idée du divorce. Ou alors le projet était toujours d’actualité mais il ne me mettait pas au courant. Je sentais bien qu’à tout moment cela risquait de se produire, mais je pense que les jumeaux y étaient pour beaucoup dans leur trêve. J’essayais de ne pas penser aux conséquences d’un divorce : avec qui vivre ? Où ? Verrais-je encore Léo ?

Léonore n’avait plus jamais fait allusion à cela depuis l’après-midi où je lui avais annoncé. Mais je savais qu’elle y pensait autant que moi. Peut être même plus à voir les instants fugaces de mélancolie que je lisais sur son visage quand que nous étions ensemble.

 

Ce jour-là, elle était venue chez moi. Depuis quelques temps, elle rechignait à m’inviter chez elle à cause des regards incendiaires de sa sœur. Je me sentais un peu coupable de cette haine entre elles mais Léo me rassurait en disant que tout allait bien sauf quand on prononçait mon nom. Mais je voyais bien que cela la préoccupait.

Quand elle arriva, j’étais affalé sur le sofa dans le salon. Ce n’était pas une bonne journée pour moi. Les jumeaux n’avaient cessé de hurler depuis l’aube et mes parents les imitaient étrangement bien. Je me sentais passablement déprimé sans que je ne sache vraiment pourquoi.

Léonore dit bonjour à ma mère qui repassait dans la pièce d’à côté et me rejoignit sur le canapé. Elle déposa un rapide baiser sur ma joue et se laissa tomber contre moi.

-         Ca va mon crétin chéri ?

Je grognai une réponse positive.

-         Tu as l’air très joyeux aujourd’hui, dis donc. Qu’est-ce qu’il y a ? Tu as raté ton devoir de maths ? Tu n’as plus de caleçons propres ? Tu n’as pas réussi à te coiffer ce matin ?

-         Très drôle.

Elle me regarda en fronçant les sourcils.

-         Tu pars ? dit-elle avec une voix soudainement éteinte.

Je me tournai vers elle et secouai la tête.

-         Non, non. Enfin pas que je sache.

J’attrapai la télécommande et commençai à zapper avec lassitude.

-         Alors pourquoi tu fais cette tête ?

-        

-         Oh mon Dieu ! Tu me largues, c’est ça ?!

-         Roooh, mais non ! C’est pas ça.

Elle poussa un soupir de soulagement.

-         Bon, on va remédier très vite à ça alors.

Elle m’attrapa le bras et me souleva avec difficulté. Je ne bronchai pas, mais je demandai ce qu’on allait faire. Sans répondre, elle me poussa dans l’escalier avec empressement, puis arrivés au palier, elle fit de même vers ma chambre. Elle referma vivement la porte derrière nous alors que je m’asseyais sur mon lit en soupirant.

-         Pourquoi tu me fais monter ?

Elle ne répondit toujours pas et s’assit à califourchon sur mes genoux. Puis, elle se pencha vers moi et m’embrassa doucement. Elle me fit basculer en arrière et continua de coller ses lèvres contre les miennes.

Alors que je reprenais mon souffle, elle me dit :

-         Hugo, je t’aime.

-         Je sais.

-         Alors arrête de faire cette tête-là quand je suis avec toi, s’il te plaît.

Je m’excusai et elle me répondit par un autre baiser. Je passai ma main dans ses cheveux bruns, jouant avec ses mèches folles, alors qu’elle reposait sa tête sur mon torse.

-         Tu as revu Jérémy ? demanda-t-elle avec un air distrait.

-         Non, répondis-je avec agacement.

-         Pas de nouvelles ?

-         Non.

Je sentais bien qu’elle aurait aimé savoir comment il allait, qu’elle aurait aimé le voir et même lui parler. Et ça ne me plaisait pas.

-         Tu crois qu’il va mieux ? Personne ne le sait.

-         Tu as demandé des nouvelles à tout le monde ?!

-         Oui, j’aimerais savoir.

Je la poussa sur le côté et me mit debout.

-         Un problème ? demanda-t-elle, sachant pertinemment la réponse.

-         Oui ! m’écriai-je. Pourquoi tu veux le revoir ? Il ne t’a pas fait suffisamment de mal comme ça ?

-         Mais je ne veux pas le revoir ! Je veux juste savoir si tout va bien. Et je te signale que c’est sûrement moi qui lui ai fait le plus de mal.

-         Et tu culpabilises ? C’est ça ?

-         Peut être un peu.

Elle avait baissé les yeux, n’osant sûrement pas me regarder alors que j’étais en colère. Je donnai un coup de pied contre ma porte et m’affala à nouveau sur le lit.

-         Fais ce que tu veux, lançai-je en me frottant le visage des deux mains.

Elle se leva rapidement et poussa un grognement agacé.

-         Ce que tu peux être une tête à claques quand tu t’y mets !

Elle me lança un coussin à la figure et sortit de la pièce. Je mis quelques secondes à me rendre compte qu’elle était partie, mais je ne bougeai pas.

J’étais fatigué de contrôler ma jalousie, et surtout, je ne voyais pas ce que je pourrais dire pour qu’elle me pardonne.

 

Voilà la suite ! Je sais, ça fait longtemps et je n'ai pas d'excuse. Faites pas la tête, je sais que vous êtes contentes de cette suite !! {#} (et si je me trompe, c'est pas grave).

A tchao bonsoir ! {#}

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(28) Léonore.  (Story) posté le samedi 18 juillet 2009 02:20

Léonore

 

 

Hugo était étrange en ce moment. Peut-être était-ce à cause du divorce de ses parents. Au d’autre chose. Il ne me disait rien. J’avais l’impression que, par instants, il s’éloignait de moi et je n’aimais pas ça.

 

Alors que je marchais dans la rue avec mon IPod à fond dans les écouteurs, une main m’attrapa le bras. Je sursautai et me retournai vivement.

Complètement dingue : c’était Jérémy. Je ne l’avais pas vu depuis presque un mois. Ses cheveux étaient plus longs que d’habitude (je n’avais pas fais attention à la soirée où je l’avais vu pour la dernière fois) et cela lui donnait un air plus cool, plus détendu.

Il me sourit largement (ce qui me parut irréel) et entama la discussion.

-          Comment vas-tu, Léonore ?

-          Très bien ! Je suis contente de te voir, ça faisait un moment que je voulais avoir de tes nouvelles.

-          Bah écoute, je vais très bien aussi. Tu ne devineras jamais ! Mes parents ont décidé de prendre une année sabbatique et on part faire le tour d’Europe en camping-car !

-          Quoi ? m’écriais-je. Sérieusement ?

-          Ouais, ouais ! Je t’assure. Alors je ne peux pas être plus heureux.

-          Je te comprends ! C’est extraordinaire.

-          Tu le diras à Hugo, vu que je ne le vois plus en ce moment.

-          Euh, oui. Si tu veux. Mais tu ne veux pas aller le voir avant de partir ? Tu sais, c’est long un an !

-          Je ne sais pas trop. Peut-être. Je verrais.

-          Tu pars quand ?

-          Dans quinze jours environ.

-          C’est génial, sérieux. Tu as vraiment de la chance !

-          Et oui, cette fois-ci c’est mon tour.

-          En tout cas, je suis contente que tu sois venu me parler. Ca me fait plaisir qu’après tout ce qui s’est passé, tu viennes me voir.

-          Tu sais, je ne t’ai pas oublié Léo. Mais bon, comme je pars il faut bien que je fasse une croix sur toi. Et puis tu es avec Hugo maintenant, n’est-ce pas ?

-          Oui, les filles ont du te le dire…

-          Ouais. Elles l’ont fait. Mais tout va bien, je t’assure.

Il regarda son portable, puis autour de nous.

-          J’ai du temps là, ça te dit qu’on aille boire un truc dans un café ?

-          Oui, oui. Pas de problème, je n’ai rien de prévu !

-          Alors c’est parti !

Nous nous mîmes donc en marche.

 

Voilà la fin de la narration par personnage. A partir de maintenant, je deviens la narratrice ! Et tout va aller beaucoup plus vite, avec moins de dialogues. Eh oui ! La fin est proche, mes amis ! {#}

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(29) Narrateur.  (Story) posté le samedi 18 juillet 2009 15:24

***

Hugo apprit la nouvelle du départ prochain de Jérémy mais il ne fit rien pour lui dire au revoir. Léonore se désolait de la situation, elle aurait aimé que tout s’arrange entre eux mais Hugo n’était pas de cet avis. La jalousie était encore trop présente.

Les mois passèrent, les parents d’Hugo prirent la grande décision : ils divorcèrent. Son père décida d’aller s’installer sur Paris pour être au plus près de son travail et s’y consacrer uniquement. Là-bas, il n’y avait pas de place pour ses enfants, Hugo l’avait bien compris, alors il resta avec sa mère et les jumeaux.

La relation entre Hugo et Léonore évoluait dans le bon sens, ils étaient toujours aussi amoureux l’un de l’autre. Malgré les sautes d’humeur de plus en plus fréquente de son amoureux, Léonore s’accrochait et essayait de ne pas y prêter attention ; après tout, la situation familiale dans laquelle il se trouvait n’était pas des plus joyeuses, on pouvait donc comprendre son comportement. Mais au bout d’un an, cela empira tout d’un coup. Il était beaucoup plus distant, presque froid. Léonore ne comprenait pas, lui cachait-il quelque chose ? Elle eu sa réponse quelques jours plu tard quand il lui annonça une importante nouvelle. Il allait partir. Sa mère avait décidé d’emmener Hugo et les jumeaux avec elle en Guyane. Là-bas, ils avaient des cousins chez qui ils pourraient vivre quelques temps avant de trouver un logement pour s’installer définitivement. Ce fut un choc pour Léonore. C’était donc pour ça qu’il était plus distant, il savait que leur relation allait prendre fin. Elle pleura longtemps dans ses bras. Ce qu’elle craignait depuis si longtemps était maintenant sur le point d’arriver ; il allait la quitter, faire sa vie ailleurs. Ils n’envisagèrent même pas une relation à longue distance, ils savaient tout deux que ce serait trop dur de ne pas se voir durant plusieurs mois.

Le grand jour arriva bien vite. L’avion allait décoller dans quelques instants, les derniers où elle pouvait encore sentir la douce odeur de son amoureux, où il pouvait l’embrasser tendrement, avant que tout ça soit fini à jamais. Il ne voulait pas partir, il voulait rester avec elle. Son air triste et ses lourdes larmes lui faisaient tellement de mal. Il la serra très fort contre lui, respira une dernière fois sa peau, caressa une dernière fois ses cheveux. Puis, il lui fit un dernier baiser, doux et lent, tendre et triste. Elle ferma les yeux et sentit qu’il s’éloignait. Ne pas ouvrir les yeux, laisser les larmes couler sans le regarder partir. Elle ne voulait pas garder cette image si triste à l’esprit, elle voulait juste se souvenir de ce dernier baiser et de son souffle sur sa peau. L’avion décolla alors qu’elle avait déjà quitté l’aéroport. Dans la voiture, alors que la mère se désolait pour sa fille, Léonore ferma à nouveau les yeux et ne pensa qu’à lui pendant tout le trajet.

Ce crétin allait tant lui manquer.

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(30) Narrateur  (Story) posté le samedi 18 juillet 2009 17:13

***

 

Chacun commença sa vie de son côté. Plus les années passaient, plus le manque faisait place au souvenir. Ils ne s’oublièrent pas mais le temps effaça les souffrances.

Hugo découvrit le continent américain et en tomba amoureux. Il se passionna pour celui-ci et ses études le conduisirent à devenir reporter. Il commença à faire des documentaires, parcouru l’Amérique latine, puis le nord, le Canada et les Etats-Unis, bien sûr. Il faisait ce qu’il aimait et prit énormément goût au voyage. Après tout, rien ne le retenait, il n’avait pas fondé de foyer, il pouvait aller où bon lui semblait sans se préoccuper de son entourage. Il eut quelques aventures amoureuses mais rien d’assez important pour décider de se poser.

De son côté, Léonore eut du mal à se remettre de son grand amour de jeunesse mais elle réussit à reprendre goût à sa petite vie, et continua ses études pour devenir journaliste. Elle aimait ça et se spécialisa dans le cinéma. Pour elle, sa carrière collait parfaitement à ses désirs les plus profonds. Elle se sentait bien dans son boulot et bien dans sa vie. Il ne lui manquait plus qu’un homme, après tout. Elle le rencontra par l’intermédiaire de son père ; un musicien que celui-ci produisait. Un grand brun, talentueux et sombre. Elle aima tout de suite son air indifférent et la passion qu’il avait de la musique. Ils tombèrent dans les bras l’un de l’autre, mais après deux ans de relation tumultueuse, Léonore tomba enceinte. Lui, il ne voulait pas particulièrement de cet enfant ; il commençait à être connu et les tournées européennes s’enchaînaient. Mais Léonore n’était pas du même avis, elle décida de le garder, quitte à l’élever seule. Cela ne lui faisait pas peur. Et puis, si lui n’était pas prêt, tant pis, le charme du musicien torturé n’opérait plus sur elle. Il reconnu donc l’enfant mais se sépara de Léonore et lui en laissa la garde. Ce petit bout, la jeune femme en fut rapidement complètement folle. C’était son fils, elle l’aimait plus que tout et s’en occupait comme la prunelle de ses yeux.

Les années passèrent, le petit garçon grandit peu à peu sous la fierté de sa mère. Il allait bientôt avoir huit ans quand elle l’emmena au parc de sa jeunesse. Elle lui montra tous les endroits qu’elle aimait, le laisser s’amuser un peu aux jeux de plein-air et lui fit découvrir la nature avec un léger sentiment de nostalgie. Elle observait les pelouses, mélancolique, repensant aux merveilleux moments qu’elle avait passés avec lui, ici.

Le petit garçon échappa quelques instants à la surveillance de sa mère et s’approcha avec curiosité d’un homme qui était allongé sur un banc, non loin d’eux. Il avait un casque de musique sur les oreilles et parcourait les pages d’un livre avec un air absent. Cela intriguait le garçon, il se sentait étrangement attiré par l’homme. Il voulait voir ce qu’il faisait, pourquoi il était ici tout seul, pourquoi il avait le doux sourire de quelqu’un qui a l’esprit ailleurs.

-          Chéri, reviens ici ! N’embête pas les gens ! interpela Léonore en s’approchant de son fils.

Le petit garçon sursauta alors l’homme tourna la tête vers lui et la jeune femme qui se dirigeait vers eux. Il fut d’abord étonné de la voir ici, mais encore plus de voir à quel point elle avait changé tout en restant étrangement la même. Il reconnaissait ce petit éclat malicieux dans ses yeux, même s’il paraissait plus sombre et fatigué que pendant leur jeunesse. Il posa son livre et se releva pour lui faire face. Elle pila net. Mon Dieu ! Mais était-ce vraiment lui ? Après tout ce temps ?

-          Bonjour Léo…Léonore. Je ne m’attendais pas à te voir ici.

Aucun mot ne sortait de sa bouche, elle était totalement surprise de le revoir.

-          Tu ne m’as pas oublié, quand même ? demanda-t-il voyant qu’elle ne disait rien.

Elle allait répliquer quand elle tourna la tête, répondant à l’appel de son fils qui essayait de toucher l’eau de la mare.

-          Viens tout de suite ici, Hugo ! Arrête ça, c’est sale. Viens chéri !

L’homme sourit devant la situation.

-          Ah, apparemment, non tu ne m’as pas oublié… murmura-t-il.

Léonore rougit doucement. Pourquoi n’arrivait-elle pas à aligner deux mots ? Elle soupira et réussit enfin à prendre la parole :

-          Ca fait tellement longtemps, Hugo. Je ne sais pas comment réagir. Je n’ai plus de nouvelles de toi depuis…

-          Depuis douze ans, compléta-t-il. Mais je ne te demande rien, c’est par un pur hasard qu’on se croise ici.

-          Mais… depuis quand tu es revenu en France ? Et pourquoi tu es dans ce parc ?

-          Je suis revenu il y à peine un mois, pour un projet professionel. Mais je compte m’installer à nouveau ici. Et pour le parc, c’était juste par nostalgie, je suis simplement venu me balader.

-          Sur ce banc, avec tes écouteurs, ton livre… Douze après… murmura-t-elle, scrutant le visage de son interlocuteur.

-          Oui...

Le petit garçon s’approcha d’eux et observa l’homme avec curiosité. Sa maman semblait le connaître, c’était bien étrange. Hugo baissa les yeux vers l’enfant et sourit. Il se mit à sa hauteur.

-          Alors, comme ça, toi aussi tu t’appelles Hugo ?

-          Oui, pourquoi ? Toi aussi ?

-          Eh oui ! Mais depuis plus longtemps que toi ! plaisanta-t-il. Quel âge as-tu ?

-          J’ai presque huit ans ! s’exclama le petit avec fierté.

-          Oh mais c’est grand ça ! Et il est où, ton papa ?

-          Au travail. Loin d’ici.

Hugo jeta un coup d’œil intrigué à Léonore qui demanda à son fils d’aller jouer au bac à sable pendant quelques minutes. Puis, elle tourna à nouveau son attention sur l’homme.

-          Ecoute, je ne sais même pas pourquoi je te raconte ça, mais je ne suis plus avec le père d’Hugo, on est séparé depuis sa naissance. Il est musicien et il voyage dans le monde entier pour des tournées alors il ne le voit pas souvent.

-          Ah. Mais tu l’élèves seule alors ?

-          Oui. Et je m’en sors très bien comme ça. On a pas besoin de son père, tu sais. C’est un enfant heureux et épanoui et sûrement pas grâce à lui, dit-elle amèrement. Et toi, alors ? Tu as des enfants ?

-          Oh, non. Tu sais, je voyage énormément pour mon boulot alors je ne peux pas vraiment entretenir une relation stable et encore moins fonder une famille. Mais j’ai décidé de me poser enfin en France.

Elle hôcha la tête en le scrutant. Puis, elle regarda sa montre et le regarda à nouveau.

-          Bon, écoute, je dois rentrer, il faut que je finisse un article et Hugo doit prendre un bain. Si tu veux, on pourrait se revoir, pour discuter un peu plus. Enfin c’est toi qui vois.

-          Oui, bien sûr, pas de problème ! répondit-il en souriant.

Ils s’échangèrent leurs coordonnées, puis se dirent au revoir avant de partir chacun de leur côté ; Léonore, un peu troublée, tenant la main de son fils et Hugo rassemblant ses affaires avec un sourire.

 

Aaaah, ça fait un drôle d'effet de les voir adultes maintenant, hein ? {#} Mes petits personnages chéris sont devenus grands... {#} Et oui, c'est la vie !

N'oubliez pas de me donner votre avis !

{#}

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