Hugo
Cela faisait un moment que j’étais dehors. Je m’étais assis sur un muret et je réfléchissais. J’aimais bien me poser pendant des heures pour penser à toutes sortes de choses. C’était comme le pot de Nutella pour les filles, c’était mon petit pêché-mignon à moi.
La fête battait son plein à l’intérieur et je me demandais ce que tout le monde pouvait bien faire. Je repensai à Jérémy. Il avait dû aller tenter sa chance avec Léonore, j’en étais persuadé. Quel prédateur celui-là. Je me mis à rire tout haut quand une voix se fit entendre.
- Qui est là ?
C’était une voix d’une fille paniquée. Je reconnus justement Léonore et dit :
- C’est moi, crétine. Je ne suis pas un violeur.
Elle parut soulagée puis s’écria :
- Je ne pouvais pas savoir, moi ! Comment aurais-je pu deviner que c’était simplement toi qui te taper une barre tout seul ?
Je ne répondis pas. Elle avait raison sur ce point-là mais ça, je ne le dirais jamais à haute voix. Elle s’assit à côté de moi et soupira. Un soupire plus joyeux que malheureux.
- Qu’est-ce que tu as ? Laisse-moi deviner… Tu as trouvé un nouveau sac poubelle plus classe que le tiens ? Enfin, si c’est possible.
- Mais non, idiot. Tu vois même si tu te moques encore de moi, je suis si heureuse que je ne m’énerverais pas.
- Merde.
Elle éclata de rire devant mon expression dégoutée.
- Je vais te dire pourquoi je suis joyeuse…
- Wow, quel suspense, j’ai hâte de savoir ! dis-je, sarcastique.
- Premièrement, continua-t-elle comme si je ne l’avais pas interrompu, je suis légèrement bourrée et ça aide pour trouver tout si merveilleux. Deuxièmement, je viens d’embrasser Jérémy et c’était génialissime, comme dans un rêve. Et troisièmement, je ne me suis même pas fait tuer par le groupe des nunuches. Enfin pas encore.
- Elles ne tuent pas, elles torturent. Pourquoi t’éliminer si vite alors qu’elles peuvent te faire du mal avant ?
- Ah, pas faux. T’en connais un rayon sur leurs techniques. Dis, tu ne serais pas un de leurs espions, par hasard ?
- Non, je suis neutre. Je suis dans aucun camp. Je suis comme la Suisse.
- Qu’est ce que la Suisse a à faire là-dedans ? dit-elle avec un air d’incompréhension.
- Vas t’acheter un cerveau et tu le sauras.
- Bon.
Mon portable se mit à vibrer. Je l’extirpai de ma poche et lu le message que l’on venait de m’envoyer : « J’ai réussi à me la faire mais pas complètement. Je remets ça à la prochaine soirée ! ;-). Jérém’ ». Quel con. Heureusement qu’elle ne l’a pas vu sinon ça aurait pu mal finir… Je tournai la tête et vit Léonore qui regardait par-dessus mon épaule. Elle leva ses grands yeux verts vers moi et demanda d’une voix glaciale :
- C’est un texto de Jérémy ?
Merde. L’avait-elle lu ou pas ?
- Euh… Non.
- Alors pourquoi c’est signé Jérem’ ?
Elle l’avait lu.
- Ecoute, ne t’inquiètes pas, il doit être aussi un peu bourré. Je te jure qu’il ne dit pas ce genre de choses d’habitude !
Me voilà à mentir pour sauver le coup d’un copain. Quelle poisse.
Ses yeux commencèrent à se remplir de larmes et son visage se déforma sous ses sanglots.
- Je suis si bête ! Je suis tombée dans le panneau ! C’est un gros salaaaauuuud !
Elle me pleurait dessus. Je ne savais pas vraiment comment réagir face à une fille bourrée et venant d’apprendre qu’elle n’était que le coup d’un soir. Je fis ce je pensais préférable :
- Ne te mets pas dans cet état-là, tu le connaissais à peine de toute façon. Et puis, tu es entrain de tremper mon t-shirt.
Elle continua de me morver dessus, sans m’écouter.
- Tu avais bien vu, tout de même, que c’était un touche-à-tout. Il ne se contente pas que d’une seule fille. Ca se voit qu’il est comme ça et personne ne le changera.
Elle releva la tête et me fusilla du regard.
- Tu savais que je n’étais qu’un trophée de plus et tu ne m’as pas averti ?! cingla-t-elle.
- Non mais oh, on n’a pas élevé les cochons ensemble.
- Et alors ?! Tu as bien vu que je n’étais qu’une jeune fille innocente, sans défense, ayant la tête sur les épaules ! Tu aurais pu me prévenir !
- Euh, désolé, je n’ai rien vu de tout ça…
Elle s’essuya les joues et soupira, cette fois de tristesse. Elle paraissait exténuée.
- Je crois que tu as besoin de dormir, lui murmurais-je.
- Mouais, grogna-t-elle.
- Je dis ça pour toi, moi ! Après tu fais ce que tu veux.
- Ce que je veux c’est trouver quelqu’un de bien.
- Eh bien, bonne chance !
- Ouais, tu l’as dit.
Elle se redressa à côté de moi.
- Tes vannes m’ont consolé mine de rien !
Je ris et m’allongea. Cette fille était passée du rire aux larmes en un rien de temps. Une émotive, apparemment.
Mais mine de rien, je commençais à vraiment l’apprécier.
Pffffiuuuu... Dernier chapitre de la journée. Je suis fatiguée, je file dodoter! En espérant que le semblant d'amitié entre les deux zozos (Léo et Hugo) vous ait plu...
Bisous
...
... Bonne soirée!!!
Bisous.
).
! Ca veut donc dire que je suis à
fond dans mon histoire ... Alalalaa.. 
