Léonore
Les jours suivants furent vraiment agréables. Le temps était presque tout le temps radieux et le soleil ne se cachait que rarement. Passer mon temps libre dehors devint une nécessité. C’est pourquoi, après les cours, je me retrouvai au parc pour profiter de la douce température. Je m’allongeai sur la pelouse verdoyante et fermai les yeux. Sentir une douce brise sur mon visage me fit pousser un soupir de bien être. Il faut dire que depuis quelques jours j’étais vraiment de bonne humeur. Comment ne pas l’être après la soirée que j’avais passée ?
Je passai un bon moment allongée ainsi, les yeux clos. Puis je sentis une ombre se tenir au dessus de moi. J’ouvris lentement les yeux, le sourire aux lèvres. Avant même d’avoir vu son visage, je savais que c’était lui. Son doux parfum m’avait mis sur la piste.
Il me fixait, un sourire mélancolique se formant sur ses lèvres. Il me caressa doucement la joue, puis il s’écroula à mes côtés. Ou devrais-je dire, il se blottit contre moi. Il enfouit son visage dans mon cou sans dire un mot. Flattée de son contact si soudain et si facile, je fus cependant surprise de son attitude. Il avait l’air d’avoir besoin de réconfort et je me demandai bien pourquoi.
- Hugo ? murmurais-je.
- Laisse-moi cinq minutes, dit-il sur le même ton.
J’accédai à sa requête et ne dit aucun mot durant les quelques minutes qui suivirent. Seul son souffle contre ma peau et ma main tripotant ses cheveux pouvaient indiquer que nous étions toujours en vie.
Enfin, il se releva doucement, semblant préoccupé.
- C’est bon, m’annonça-t-il.
J’acquiesçai et posai enfin la question qui me brulait les lèvres.
- Quelque chose ne va pas ? demandai-je, inquiète.
- Mes parents divorcent, lança-t-il.
Je me relevai rapidement à ses côtés.
- Oh, je suis désolée… chuchotai-je, triste de le voir dans cet état.
- Je ne sais pas encore chez qui je vais habiter ou si je vais déménager.
Je ne répondis rien, essayant de ne pas me focaliser sur le mot « déménager ».
Il se tourna vers moi et me regarda intensément.
- Si je pars, on ne se verra plus aussi souvent, marmonna-t-il sur un ton accablé.
Je compris alors pourquoi il était aussi triste. Il y avait, bien sûr, le fait que ses parents se séparent mais aussi le fait qu’il se peut qu’on ne se voit plus. Mon cœur fit un bond dans ma poitrine. Etait-il attaché à moi autant que je l’étais à lui ?
- Et je te manquerais beaucoup ? demandais-je, sentant les larmes dans ma gorge.
- Bien sûr, crétine ! Et même plus que ça.
J’éclatai de rire, faisant monter une vague de larmes en même temps.
- Tu es bête de pleurer, murmura-t-il en écrasant mes larmes avec son index.
- Pardon, marmonnai-je. Mais je ne sais plus quoi ressentir…
Fallait-il que je sois heureuse de ses paroles ou juste triste de son probable départ ? Tout ce dont j’étais sûre, c’est que j’étais vraiment amoureuse de lui.
Il me tendit un mouchoir en soupirant.
- Heureusement que je suis là ! s’exclama-t-il.
- Tu ne sais pas à quel point tu as raison, dis-je en essuyant mon visage.
Il me sourit tendrement et avant que je ne reprenne mes esprits face à la vague de plaisir qui m’avait submergé, il m’embrassa doucement. Il prit mon visage entre ses mains et m’embrassa, encore et encore.
Après d’intenses émotions, je revenais à ma position initiale et Hugo s’allongea aussi dans l’herbe. Je le regardais de profil, attendrie, et ne cessait de sourire en pensant que c’était avec moi qu’il était et personne d’autre. Il dut sentir que je l’observais car il tourna la tête vers moi avec un éclat malicieux dans les yeux. Je rougis et trouva vite quelque chose à dire pour ne pas montrer à quel point j’étais gênée qu’il se soit aperçu que je bavais de bonheur.
- Euh, ton frère et ta sœur vont bien ? demandai-je en essayant de paraître crédible et intéressée par sa possible réponse.
Il éclata de rire. Ce qui me fit penser que je devais avoir l’air d’une vraie idiote.
- On s’en fout, répondit-il.
Il se rapprocha dangereusement de moi et frotta son visage dans mes cheveux. Je tressaillie soudain, essayant de me souvenir si je les avais bien lavé le matin même. Ce devait être le cas car il me dit que je sentais très bon. Soulagée, je me détendis. Et osai poser une question qui me tournait dans la tête depuis un moment.
- Hugo ?
- Mmh ? dit le principal intéressé.
- J’ai une question à te poser.
Silence. Je me lançai.
- Pourquoi tu m’as embrassé dans le couloir, le soir de la fête, alors que quelques minutes avant tu m’avais dit que tu ne savais plus où tu en étais ?
- Parce que tes yeux m’envoyaient un tas de signaux dont celui « saute-moi dessus » ! Et j’ai cédé, lança-t-il en riant.
Je poussai un soupir en levant les yeux au ciel, ce qui eu le mérite de le faire encore plus rire.
- Réponds-moi sérieusement, idiot !
Il se calma et réfléchit quelques instants avant de dire :
- J’en avais envie depuis un certain temps mais je dois dire que tu n’avais pas l’air prête à recevoir ce geste. Sauf que ce soir-là, tu avais l’air assez déterminée.
- Tu rigoles ? J’étais prête depuis bien plus longtemps que toi ! m’écriai-je.
- Alors pardon de ne pas m’en être rendu compte.
Tout en disant cela, il se remit debout.
- Tu pars ? demandai-je, anxieuse.
- Non, je te raccompagne chez toi.
- Ah.
Je me levai aussi.
- Tu connais bien le chemin à force de fricoter avec ma sœur puis avec moi, hein ?
- Oh, ça oui ! dit-il avec un air coquin.
Je le bousculai doucement, pour la forme, et il éclata de rire. Puis il m’entraîna avec lui vers la sortie du parc.
Voilà les enfants !
C'était la suite ! Ca vous a plu ? Plus fort, j'entends pas !

Merci à toutes ! Vos
commentaires me font toujours autant plaisir. Je ne m'en
lasse pas. 
A bientôt !



Cynthia
lun 23 mar 2009 12:30