Hugo
Je vis Léonore partir en courant alors que j’étais en train de discuter avec Caroline. Je la suivis du regard, ne comprenant pas vraiment ce qui se passait.
Caroline continuait de remuer ses longs cheveux blonds en me faisant des sourires mais mon esprit était ailleurs. Je me levai, m’excusant auprès d’elle et m’éloignai en direction du couloir que Léonore avait emprunté. J’interpelai quelqu’un en lui demandant s’il l’avait aperçu et on me répondit qu’elle s’était enfermée dans les toilettes. J’allai donc frapper à la porte de celles-ci, espérant avoir une réponse. Mais rien. Je frappai à nouveau :
- Léonore ? T’es là ?
Toujours rien.
- Qu’est-ce qui se passe ? Ca ne va pas ?
Encore rien.
- Ouvre s’il te plaît ! Aller !
- Tu ne vois pas que c’est occupé, crétin ! s’écria-t-elle
- Mais je ne veux pas utiliser les toilettes, je veux juste que tu sortes !
- Lâches-moi !
- Mais qu’est-ce qu’il y a ? Merde !
- Tu ne comprends pas que je n’ai tout simplement pas envie de te parler ??!
Je ne répondis pas, surpris par sa réponse. Je me laissai glisser contre la porte et me retrouvai assis contre celle-ci, les bras sur les genoux pliés. Je restai ainsi quelques minutes avant d’ouvrir la bouche :
- Excuse-moi, murmurai-je.
Il y eu un petit silence.
- Ca devient une habitude de t’excuser… répondit-elle, froidement.
- Je sais bien mais que veux-tu que je dise ? Je suis un con, je te fais du mal alors que ce que je souhaite, c’est tout le contraire.
Léonore ne répondit pas mais quelques secondes après, elle ouvrit doucement la porte. Je me levai rapidement pour lui faire face. Son maquillage avait légèrement coulé autour de ses yeux et ses joues étaient rouges.
- Excuse-moi, répétai-je, gêné. Je t’ai fait pleurer, pardon.
Elle me fixa et soupira bruyamment. Elle regarda ailleurs et dit :
- Mais pourquoi je me prends la tête à propos de toi ? Pourquoi je me fais du mal pour rien ? Je suis vraiment une idiote.
- Ne dis pas ça ! Ecoute, je… commençai-je.
Mais elle ne m’écoutait pas. Elle passa à côté de moi et monta l’escalier sans se retourner. Je réfléchis quelques instants puis me dépêchai de la suivre.
- Attends ! lui criai-je.
Je réussis à la retenir en lui attrapant le poignet. Le couloir n’était pas éclairé mais dans le noir je pouvais distinguer son air triste. Je m’approchai doucement, essayant de trouver comment la réconforter mais aucun mot ne sortait de ma bouche. Elle me regardait, toute aussi silencieuse. Une irrésistible envie de la sentir contre moi me prit. Je m’approchai encore plus, elle ne recula pas. Mon visage n’était qu’à quelques centimètres du sien. Ses yeux ne me lâchaient pas. Je me sentais étrangement serein mais mon cœur battait extrêmement fort. Sans me poser plus de questions, je me penchai vers elle et l’embrassai. D’abord doucement, puis ses lèvres me répondirent avec intensité. Quand elle passa ses mains dans mes cheveux, un léger frisson me parcourra le dos. Nos lèvres ne se décollèrent plus, comme si elles avaient attendu ce jour avec impatience et souhaitaient prolonger le moment. Mais, malheureusement, Léonore se détacha de moi.
- C’était quoi ça ? demanda-t-elle, éberluée.
- Aucune idée, répondis-je, complètement troublé.
Elle m’attira vers elle pour m’embrasser à nouveau, quand un bruit nous fit nous retourner vivement. Au bout du couloir, Jérémy nous regardait avec surprise. Il ne dit rien et redescendit l’escalier, furieux.
- Merde, marmonnai-je.
- Il n’a peut être rien vu ? dit Léonore, avec espoir.
- Ca m’étonnerait. Bon, euh, je vais aller lui parler.
Je la regardai quelques secondes puis je m’éloignai rapidement. Elle m’interpela avant que je ne disparaisse au coin du couloir.
- Oui ? dis-je en me retournant.
- Tu regrettes ? demanda-t-elle.
Elle semblait attendre la réponse avec appréhension.
- Non, répondis-je.
Elle me fit un sourire qui me bouscula complètement à l’intérieur. Essayant de me reprendre, je me concentrai à nouveau sur ma tâche suivante : parler à Jérémy.
Je le trouvai assez vite. Il était assis en bas de l’escalier, sur la dernière marche. Je me penchai à sa hauteur et lui demandai de me suivre dehors. Il le fit sans contester. Une fois à l’air libre, je ne passai pas par quatre chemins :
- Je ne sais pas ce que tu as vu, mais je t’assure qu’il ne s’est rien passé.
- Hugo, ne me prends pas pour un con. Je sais très bien que vous n’allez pas attendre mon approbation pour vous sauter dessus, lança-t-il, amèrement.
- Mais de quoi tu parles ? Il n’y a rien entre Léonore et moi.
- Arrêtes d’essayer de me préserver ! C’est fini, tu n’as plus besoin de te comporter en pote. Ca fait des semaines que l’on ne s’est plus parlé. Je considère qu’on n’a plus rien à se dire et je ne veux plus te voir. Reste avec Léonore et oublie-moi.
- Jérémy, je ne suis pas avec Léonore.
- Eh bah c’est que t’es vraiment con alors. Tu n’as toujours pas compris que c’est de toi dont elle est amoureuse ? C’est pour ça qu’elle ne voulait pas me le dire. Maintenant vous êtes libres de faire ce que vous voulez. Mais ne comptez pas sur moi pour assister à tout ça !
Il commença à s’éloignait. Je m’attendais à tout sauf à cette réaction. Pourquoi n’était-il pas plus en colère ? Je croyais qu’il allait vouloir me démolir le visage mais il ne paraissait même pas furieux jusqu’à ce point-là. Je le regardai partir, ne sachant quoi faire.
Peut-être valait-il mieux le laisser seul.
Alors ? Alors ?
Enfin bon, rien d'extraordinaire dans
cette suite, n'est-ce pas ?
Le prochain chapitre ? Je n'en sais rien. Je pars en Angleterre avec le lycée pendant une semaine donc je verrais bien ! Ca me donnera peut-être de l'inspiration.
Merci de me lire ! 



Deadly
ven 06 fév 2009 08:51