Anna
Sur le coup, je me suis étonnée que Léo demande à me voir. Depuis quelques semaines il est vrai que l’on passait beaucoup moins de temps ensemble. Elle était souvent avec Jérémy ou avec Hugo. Elle qui se plaignait de ne pas avoir de copain, elle était servie maintenant avec ces deux-là !
Je pris ma douche en quatrième vitesse, m’emparai de mon nouveau sac Longchamp (un cadeau de mon Julien) et sautai dehors, mes Bensimon aux pieds, rejoindre Léo au café Lockheart.
Quand j’arrivai, je m’arrêtai sur le seuil du bar pour observer mon amie qui s’était mise à l’écart, assise près des grandes baies vitrées qui donnaient sur la rue bondée. Elle tripotait un petit papier, le regard plongé dans sa tasse de café. Je m’approchai et une fois qu’elle leva les yeux vers moi, je pris place en face d’elle.
- Tu as l’air très pensive, dis donc, dis-je.
Elle sourit et froissa le petit papier qui, maintenant que j’étais assez près pour le voir, était le sachet de sucre vide.
- Je suis désolée de t’avoir fait venir… commença-t-elle.
- Pas de problème.
- … Mais j’aimerais discuter de certaines choses avec toi.
- Ah. Ca doit forcément concerner les garçons, vu que c’est à peu près la seule chose qui a de l’importance à tes yeux maintenant ! lançais-je, avec un petit sourire moqueur.
Elle prit un air peiné et s’excusa :
- Je sais bien que je t’ai un peu laissé de côté en ce moment mais je t’avoue que c’est compliqué.
- Ne t’inquiète pas, je peux comprendre.
- Pardon.
- Arrête de t’excuser ou je te fais bouffer ta tasse.
- Oui, d’accord. Désolée.
Je levai les yeux au ciel.
Le serveur (très mignon, d’ailleurs) arriva à notre table et me demanda si je voulais consommer quelque chose.
- Mmh, vos petites fesses m’ont l’air bien sympathiques mais je vais plutôt prendre un Coca, susurrais-je en lui faisant les yeux doux.
Ce fut au tour de Léonore de lever les yeux au ciel. Le serveur ne fit presque pas attention à ma remarque et se dépêcha d’apporter ma boisson.
Je retournai mon attention vers Léonore qui me fixait.
- Je t’écoute, déclarais-je.
- Eh bien voilà, je crois avoir pris conscience de certaines choses concernant Jérémy…
- Wow ! Tu as enfin remarqué que cet idiot ne te méritait pas !
- Rooh, ne dis pas ce genre de choses.
- C’est pourtant vrai.
- Oui, enfin bon, je ne suis plus vraiment sûre de moi. Et en plus j’ai couché avec lui et Hugo m’a fait remarqué que c’était juste parce que j’en avais envie et non pas parce que je l’aimais. Enfin, c’est moi qui lui ais dit mais je ne m’étais pas rendu compte que…
- Quoi ? la coupais-je. Tu as quoi ?!
Je la regardais, indignée.
- Hein ? dit-elle, vaguement étonnée de mon expression.
- Reviens sur la partie cul, s’il te plaît.
- Oh, ça… murmura-t-elle en baissant les yeux.
- Idiote ! sifflais-je entre mes dents. Ne me dis pas que tu as osé te laisser sauter par ce troufion de première !
- Anna, ne sois pas si excessive.
- Je t’interdis de le revoir ! lançais-je, pointant mon index vers son visage avec un air menaçant.
- Tu n’es pas ma mère, dit-elle sans énervement, comme une simple constatation.
Le serveur au joli cul s’approcha à nouveau et déposa le verre de soda devant moi. Je le remerciai d’un signe de main mais il était déjà parti s’affairer aux tables d’à côté.
- Et c’est bien dommage, car si c’était le cas je t’obligerais à rompre avec ce dugland.
Je bus une gorgée de Coca, fixant Léo par-dessus mon verre.
- Je peux me passer de ton regard noir, merci, lança-t-elle. Et puis, ne t’énerve pas, je crois que justement je vais le larguer.
- Ah oui ? demandais-je, intéressée. Pourquoi ça ? Il baise si mal ?
Elle soupira et me jeta un regard désabusé.
- Ne sois pas vulgaire. Non, ce n’est pas ça. Je t’ai bien dis que je n’étais plus sûre d’être amoureuse de lui.
- Oui.
- Donc voilà.
- Mais alors… Tu aimes Hugo ? la questionnais-je, avec un clin d’œil.
Elle rougit violemment, répondant indirectement à ma question.
- Je le savais ! m’écriais-je, victorieuse.
- Je n’ai rien dit ! s’indigna-t-elle. Je n’ai absolument rien dit !
- Je te connais, Léo.
Je lui fis un grand sourire.
- Bon, et lui ?
- Quoi lui ? demanda-t-elle.
- Eh bien, c’est quand qu’il se décide à te rouler une galoche ?
- Rooh, Anna ! Tu es vraiment intenable.
- Arrête de faire ta sainte nitouche la dépucelée, me marrais-je.
- Parle moins fort ! siflla-t-elle.
Elle regarda à gauche puis à droite
- Je ne suis même pas sûre d’aimer Hugo. Et puis, de toute manière, il est avec ma sœur.
- Oh, pas pour longtemps !
Elle m’interrogea du regard.
- Juju d’amour m’a dit qu’apparemment Juliette faisait la tête à son cher et tendre et que ce n’était pas prêt de se rabibocher vu qu’aucun des deux ne voulait céder. Bonne nouvelle, hein ?
- Mais… Pourquoi ma sœur fait la tête ?
- Je n’en sais rien. Encore un truc de filles, ça. Elle a peut-être ses règles, pouffais-je.
Léonore ne répondit pas. Elle se leva.
- Bon, j’y vais. Merci d’être venu, Anna. A plus.
Elle commença à s’éloigner.
- Quoi ? Tu t’en vas comme ça ? T’es gonflée, toi !
Elle se retourna.
- Sympa, au fait, ton Longchamp !
Je lui fis un grand sourire.
- Ouais, t’as vu !
Elle sortit du café en me faisant un signe de main puis elle disparut au coin de la rue.
Je repensai à notre conversation. J’avais hâte qu’Hugo et elle soit ensemble, ils commençaient à me gonfler à se tourner autour. C’était certain qu’ils étaient faits l’un pour l’autre.
Je fixai mon Coca, puis interpelai le serveur. Il se dirigea vers moi et je lui dis, avec un grand sourire et un battement de cils :
- En plus de votre numéro, je peux avoir un autre Coca ?
Un chapitre dans la tête
de notre tarée d'Anna, ça vous a
plu? Vous ne soupsçonniez en aucun cas sa répartie
plus que douteuse, n'est-ce pas? Moi non plus. 
Bon, sinon ma
rentrée s'est bien passée, je suis en
1ère Littéraire et c'trop bien.
J'espère que pour vous aussi, tout va pour le mieux. Si vous
n'avez rien d'autre à faire (à part lire mon
histoire, hein) que de me raconter votre rentrée dans
vos commentaires, je prends
.
A bientôt!



rara
sam 04 oct 2008 14:33