Léonore
- Aaaaah ! Je gagne ! Je gagne ! m’écriais-je en tenant la manette de toutes mes forces.
Si fort que mes jointures viraient au blanc.
- Bouges-toi ! Je gagne ! hurlais-je en poussant Hugo.
Nous jouions à la console dans sa chambre depuis plus d’une heure.
- Hého ! Calmes-toi ! Je te signale que je suis à la tête de la course alors expliques-moi en quoi tu gagnes ?! dit-il en me regardant comme si j’étais folle.
- Je VAIS gagner !
- Bien sûr, ricana-t-il.
- Si je gagne, je fais le tour du pâté de maison en sous-vêtements ! annonçais-je en riant.
- Oula… Je ne savais pas que tu avais des penchants nudistes…
Mon regard était fixé sur l’écran. Je ne le lâchais pas des yeux. Je voulais gagner, coûte que coûte. Non pas parce que je voulais absolument me balader en sous-vêtements mais parce que cela faisait 5 parties que j’avais perdu et mon amour-propre avec.
Nous étions dans la dernière ligne droite de Mario Kart, j’étais deuxième. Devinez qui était premier ? J’accéléra autant que je pus, mettant toute ma concentration dans ce jeu débile. La ligne d’arrivée était proche. Je commençais à prendre de l’avance, je dépassa Hugo et je GAGNA ! Je poussa un hurlement de pure joie, ayant enfin le privilège de me vanter de ma course.
- Yeeaah ! J’ai gagné ! Je suis la meilleure ! Héhé ! T’as vu, c’est moi qui ai gagné !
- Tu es bien joyeuse pour une fille qui va montrer ses sous-vêtements à la Terre entière, lâcha Hugo avec un petit sourire pervers.
Je me figea aussitôt. J’avais presque oublié cette fâcheuse promesse.
- Hum, voyons Hugo, tu sais bien que je plaisantais. Hahahahahahaha…
Je souriais niaisement, espérant qu’il me répondrait « je sais bien ! Hahahahaha ». Mais, bien sûr, ce ne fut pas le cas.
- C’est ça, c’est ça. Aller, enlèves tes couches de vêtements et va courir dehors !
- Non ! Je te dis que c’était une blague !
- Ce qui est dit est dit. C’est trop tard maintenant ! Tu es obligée de le faire !
- Espèce de pervers… lançais-je en riant.
- Moi ? dit-il avec un faux air outré.
Il m’attrapa pour ne pas que je m’échappe. Je riais, me jetant sur son lit alors qu’il essayait de m’enlever ma veste. Je gigotais dans tous les sens, gloussant en répétant inlassablement « non !» entre deux hoquets. Il s’assit sur moi pour m’empêcher de bouger, continuant d’essayer de me retirer mes vêtements.
- Hugoooooo ! Arrête !
Je riais tellement que je crus presque m’être fait pipi dessus.
- Il faut toujours faire ce qu’on dit ! balança-t-il.
Il m’écrasa un peu plus et, entendant des grognements presque inhumains, il cru que je m’étouffais avec mon rire. Il se fit rouler sur le côté et me fixa d’une drôle de façon.
- Ca va ? demanda-t-il avec un air inquiet.
Je hochai la tête. Mes cheveux étaient en bataille et mon souffle pénible. Je me remettais à peine de mon fou rire. Il retira une mèche de mon visage et me sourit. Puis il fixa intensément mes lèvres. Je cru un instant qu’il allait m’embrasser mais il se releva et dit :
- Bon, je laisse passer pour cette fois mais à la prochaine partie, si tu perds, quelque soit ton gage, tu seras obligée de l’exécuter !
- Mais je perds presque tout le temps ! geignais-je.
- C’est ton problème, crétine.
Je soupira et m’allongea sur le dos.
La chambre d’Hugo était un peu en désordre mais l’on s’y sentait bien. Des livres et des cds jonchaient le sol. Son bureau était à peine visible sous ses feuilles de cours. Sur ses murs, on pouvait distinguer deux sortes d’affiches, celles de groupes de rock et celles de Base-ball. Quant à son lit, il était correctement fait. On voyait bien le passage d’une main maternelle experte.
- Tu aimes le Base-ball ? demandais-je plus pour parler que pour la vraie question.
- Non, bien sûr que non. J’ai accroché ces affiches parce que le papier-peint ne me plaisait pas !
Je rigola de sa vanne.
- Oh c’est bon. Simple question. Tu en fais alors ?
- Oui, j’en fais depuis 3 ans.
- Ouah. Ca doit être trop classe.
- Si on veut.
Je lui lança un oreiller dans la figure.
- AIE ! Espèce de folle !
- Arrête de faire ton blasé !
- Je ne fais pas mon blasé ! Que veux-tu que je réponde à l’expression idiote « ça doit être trop classe » ?! Franchement !
- Tu as raison, vaut mieux que tu te taises.
Il me jeta un regard noir et je ricana.
La porte s’ouvra, laissant entrer Elodie, la petite sœur d’Hugo.
- Léonore ! Tu es là !
Elle se catapulta sur moi avec un rire cristallin. Je lui fit un baiser sur le front et la mis à califourchon sur moi.
- Ca va ma puce ?
Elle acquiesça avec son plus beau sourire. Hugo fit une grimace de désespoir à côté de nous.
- Pathétique les amitiés de filles…
- La ferme le blasé.
- EH !
Je regarda Elodie en riant et elle fit de même.
- Vous êtes amoureux ? demanda-t-elle, aussi innocente qu’une fille de son âge peut l’être.
Nous échangeâmes un regard, Hugo et moi, et je répondis :
- Non. On est amis. Même si, rien que ça, c’est difficile à croire vu le caractère horripilant de ton frère.
Je le regarda en coin, avec un petit sourire. Il bourgeonna et se leva du lit.
Elodie m’attrapa la main et s’écria :
- Léonore, viens voir ma chambre ! Je vais te montrer mes dessins !
- Oh, j’aimerais bien ma chérie mais une autre fois. Il faut que je rentre chez moi.
Elle fit la moue et me fixa avec un regard triste.
- Je suis désolée. Je te promets que la prochaine fois je viendrais la voir.
- S’il y a une prochaine fois, marmonna Hugo, les bras croisés.
Je me leva et récupéra mes affaires. Elodie m’embrassa goulûment la joue et me laissa partir. Je descendis les escaliers avec Hugo. A la porte d’entrée, il me regarda un moment et dit :
- Tu veux que je te raccompagne ?
- Oh non, c’est bon, ne te déranges pas pour moi.
- Comme tu veux.
- Bon bah, salut alors. Bonne soirée.
- Ouais. A plus.
Il commença à refermer la porte alors que je m’avançais dans l’allée. Soudain je me retourna et cria :
- Hugo !
Il réapparu à la porte.
- Oui ?
- Tout compte fait, je veux bien, dis-je avec un air mielleux.
Il me sourit et me rejoignit.
- Crétine…
Voilà! Pas grand chose à dire pour cette suite assez futile entre Hugo et Léo. En espérant que vous avez enjoyé...
B'sous.. 


Mirage
jeu 17 jui 2008 12:49