Hugo
Je détestais me lever tôt le matin. Surtout pour aller en cours.
Ce matin-là, plus que les autres, j’étais de mauvaise humeur et le fait de commencer par le cours de maths n’allait pas arranger les choses. Je rentrai dans la salle de classe avec les autres et jeta mon sac sur la table du fond, celle près de la fenêtre. Alors que tout le monde sortait ses affaires, je me mis à somnoler.
Soudain, la chaise à mes côtés se poussa et une fille s’assit. Je tournai la tête dans sa direction et me retrouva face au sourire étincelant de Clara, cette colleuse.
- Ca ne te déranges pas que je m’assieds ici, au fait ? demanda-t-elle.
- Euh, non.
- Tant mieux !
Je me retournai vers la fenêtre et observa les quelques élèves restés devant le lycée. Je pensais à mon lit, à ma grosse couette et aux jumeaux qui n’avaient pas cours aujourd’hui. A vrai dire, je n’y pensais pas, j’y rêvais.
- Ouah, il est super beau ton sweat, Hugo ! s’écria la voix nasillarde sur la chaise d’à côté.
- Ah merci, dis-je en lui jetant un coup d’œil.
- Non, vraiment, il fait ressortir tes beaux yeux bleus !
Je la regardai, interloqué. Elle me faisait un grand sourire. Cette fille n’avait assurément rien à dire pour tenir ce genre de propos.
- Tu sais, me glissa-t-elle, je me disais qu’on pourrait se voir ce week-end, tous les deux. Aller au parc ou au cinéma, non ?
Je rêvais ou elle me demandait bien un rencard ? Elle était mignonne mais un peu trop superficielle à mon goût. C’était pourquoi je répondis :
- Non.
- Hein ? Juste non ? Mais donne-moi une explication au moins ! Tu as une copine ?
- Non.
- Bah alors, qu’est-ce qui t’arrêtes ?
J’ai failli lui dire que c’était justement elle qui m’arrêtait mais je me suis dis qu’il valait mieux ne pas me la mettre à dos. On ne sait jamais, elle faisait quand même partie du groupe des nunuches du lycée.
- Je me consacre à mes études, lui sortais-je avec sérieux.
Elle pouffa de rire. C’était trop dur à croire ?
- Tu rigoles, avec la moyenne que tu as en maths !
- Justement. Je dois la remonter, alors fini les sorties.
- Mouais, lança-elle, sceptique.
Le cours continua sans qu’elle ne me parle.
Le midi, je racontais à Jérémy ce qui s’était passé le matin même.
- Quoi ? Tu as collé un râteau à Clara ? T’as de la merde dans les yeux ou quoi ?
- Non, mais je ne vais pas sortir avec elle juste parce qu’elle est bien foutue. Je ne veux pas d’une idiote pour copine.
- Tu es trop exigeant, Hugo.
- Tu ne vas pas me dire que tu es avec Léonore simplement parce qu’elle est belle ?
- Elle n’est pas belle, elle est super bien foutue.
- Et c’est la seule raison pour laquelle tu es avec elle ?
Il réfléchit quelques secondes.
- Maintenant que tu me le demandes, je ne sais pas trop. C’est vrai que parfois elle est adorable... J’adore sa façon de parler et son rire, et puis elle est… Enfin bref, je ne vais pas m’étaler sur le sujet sinon on risquerait de croire que je tombe amoureux.
Il avait l’air gêné.
- Ce serait un problème que tu l’aimes ? demandais-je, curieux.
- Ca ne sera jamais le cas, je peux te l’affirmer. Je ne tomberais jamais amoureux. Jamais.
- C’est une réponse catégorique, en tout cas.
- Oui, je ne changerais pas d’avis. Et puis, on sait tout les deux que je ne suis pas le garçon qu’il lui faut. Je ne suis pas un mec fiable du tout et elle ne mérite pas ça. Je ne veux pas lui faire de mal parce qu’au fond je l’aime bien.
- Et t’es conscient que tu lui fais du mal en pensant ce genre de chose, en restant avec elle sans l’aimer ?
- Je…
Il fut coupé par Clara qui débarqua entre nous.
- C’est vrai qu’Hugo se met à travailler sérieusement ? interrogea-t-elle Jérémy.
Celui-ci me regarda avec des gros yeux et dit :
- Non, pas à ce que je sache.
- Alors il n’y a pas de problème pour que je sorte avec lui ?
- Non, aucun ! lança mon ami avec un grand sourire.
Je le fusillai du regard pendant que Clara me sautait au cou.
- Samedi c’est notre journée ! s’écria-t-elle. On se baladera main dans la main, on ira au parc et peut être au cinéma, tu viendras chez moi… Une vraie journée d’amoureux.
Elle semblait heureuse et rêveuse.
- Euh, Clara, demande-moi mon avis avant d’organiser ça !
- Tu n’as rien de prévu samedi ?
- Non, mais…
- Alors c’est bon ! me coupa-t-elle.
C’était une manie chez elle de ne pas laisser parler les gens ?
Elle m’embrassa sur la bouche et avant que je ne me rende compte de son geste, elle avait disparu. A côté de moi, Jérémy était plié en deux, il pleurait de rire.
- C’est à cause de toi, ça…, cinglais-je
- Tu aurais vu ta tête ! réussit-il à articuler entre deux hoquets de rire.
- Comment je vais me débarrasser de cette fille maintenant ? Quelle poisse. Quelle journée de merde, putain !
Le reste de la journée était long, tellement long. Je ne me laissai plus approcher par Clara, l’évitant au possible.
La fin des cours arriva enfin et alors que je suivis les autres vers la sortie, une fille m’arrêta dans le couloir.
- Excuse-moi, est-ce que c’est toi le petit copain de Clara ? me demanda-t-elle en me fixant dans les yeux
- Non. Pas du tout. Qui t’as dis ça ?
Elle semblait contente de ma réponse.
- C’est elle-même. Je ne la croyais pas et apparemment j’avais raison. Je me disais bien que tu n’étais pas ce genre de garçon, le genre à ne juger que par l’apparence.
- Euh, excuse-moi, mais qui es-tu ? , demandai-je. Je ne t’ai jamais vu ici
- Je m’appelle Camille, je suis en seconde.
- Ah.
- Je connais un peu Clara mais je ne l’apprécie pas vraiment.
- Ah ?
- En fait, elle est un peu comme une ennemie pour moi. Enfin bon, je te raconte tout ça mais je me doute que tu t’en fiches. Bon, je dois y aller. Au revoir !
Elle me fit un sourire et s’éclipsa.
Alors voilà. Ce que je craignais été arrivé : Clara avait dit à tout le monde que nous étions ensemble. Quelle plaie cette fille.
Je sortis dehors et un grand baraqué m’interpella :
- C’est toi le minus qui sort avec ma meuf ?
- Hein ?
- J’suis Tristan. Et Clara c’est ma meuf, alors tu vas arrêter de lui tourner autour sinon je te fracasse ta gueule d’ange. C’est compris ?
- Je crois, oui
- Tant mieux.
Il retourna auprès de ses potes, d’autres grands baraqués, et je commençai à prendre le chemin de la maison.
Cette fille, en plus de me coller, allait m’apporter un paquet de problèmes. J’en étais persuadé.
Ecrire tout en
dégustant un Häagen-Dazs, c'est le
bonheur... Héhé
! Voilà, c'était un chapitre
où notre chère Léo
n'apparaît pas (enfin, physiquement parlant). Par
contre, il y a la présence de Clara qui
compense!
....Quelle chieuse,
celle-là.
Bisouus all
!
, je tenais à te le dire (mais qu'est ce qu'on s'en fout!). 

A
& 
bon ok jme tais^^
Yuyu
jeu 24 jui 2008 14:41